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La relance de la production industrielle

Un potentiel industriel important

Dès les premières années de son indépendance, l’Algérie a accordé la priorité à la mise en place d’une base industrielle publique diversifiée, dont la production était exclusivement destinée au marché intérieur.

La libération de l’économie nationale, amorcée au début des années 1990, a mis l’entreprise publique face à des situations concurrentielles auxquelles elle n’était pas préparée.

Dans le même temps, le secteur industriel privé a commencé à se développer, à la faveur d’un nouveau dispositif législatif et réglementaire mis en place, notamment, par la loi n°88-25 du 12 juillet 1988 relative à l’orientation des investissements économiques privés nationaux .

Aujourd’hui, la contribution du secteur industriel privé à la production industrielle nationale se situe autour de 35%.

Même si elle perdu d’importantes parts sur le marché intérieur, l’industrie nationale dispose d’une infrastructure solide mais qui nécessite un redéploiement dans une perspective de mondialisation.

Les grands axes de la nouvelle stratégie industrielle

En matière de relance de l’industrie nationale, le programme d’actions du ministère de l’Industrie et de la Promotion des Investissements découle des orientations issues du document portant "Stratégie et politiques de relance et de développement industriels".

Ce document a été soumis à un large débat entre les différents acteurs économiques et sociaux lors des Assises nationales de l’Industrie. Il constitue une projection sectorielle de la stratégie de croissance de l’économie algérienne.

La nouvelle stratégie industrielle de l’Algérie s’appuie sur les quatre principaux axes suivants :

  • Choix des secteurs à promouvoir
  • Déploiement sectoriel de l’industrie
  • Déploiement spatial de l’industrie
  • Politiques de développement industriel

Le choix des secteurs à promouvoir s’est fait en plusieurs grandes étapes qui ont consisté à :

  • Identifier les branches qui présentent un fort potentiel de développement et qui sont portées par le marché international ;
  • Analyser le niveau de compétitivité des branches ainsi identifiées ;
  • Évaluer les forces et faiblesses des branches ciblées ainsi que les menaces et opportunités sur le marché international ;
  • Énoncer la stratégie industrielle retenue à partir de ces choix successifs et cerner les éléments de sa mise en œuvre.

Le déploiement sectoriel de l’industrie s’effectuera selon les choix retenus par la stratégie industrielle et qui appellent une action sur trois plans complémentaires : valorisation des ressources naturelles, densification du tissu industriel et promotion de nouvelles industries.

  • La valorisation des ressources naturelles - L’objectif recherché est de promouvoir les industries qui permettront à l’Algérie de mieux exploiter ses atouts naturels et de passer du stade de simple exportateur de produits primaires vers celui de producteur et d’exportateur de biens transformés, à technologie plus élaborée et à plus forte valeur ajoutée. Les branches identifiées à ce niveau concernent en particulier la pétrochimie, les fibres synthétiques, les fertilisants, la sidérurgie (acier), la métallurgie non ferreuse (aluminium) et les matériaux de construction (liants hydrauliques).

Densification du tissu industriel - Il s’agit d’encourager les industries qui contribuent à l’intégration d’activités actuellement situées aux dernières étapes de la chaîne de production. Les industries susceptibles de favoriser cette remontée des filières sont celles généralement liées à l’assemblage et au conditionnement : industries électriques et électroniques, industries pharmaceutiques et vétérinaires, industries agroalimentaires, industries des biens d’équipement.

  • Promotion de nouvelles industries – Une attention particulière sera accordée à la promotion des industries qui sont soit inexistantes (nouvelles industries) soit pour lesquelles l’Algérie accuse un retard régional. Il s’agit en particulier des industries liées aux TIC et à l’automobile.

Le déploiement spatial de l’industrie, deuxième dimension du déploiement industriel, ne peut plus se confiner à la configuration actuelle des zones industrielles et devra obéir à une vision plus moderne et à des notions plus fécondes, telles que les Zones de développement industriel intégré (ZDII), les Technopoles ou les Zones spécialisées.

Certains de ces espaces ont été localisés et leur mise en place se fera progressivement.

  • Leur développement permettra de créer des synergies en exploitant la concentration spatiale des activités économiques et en mettant en réseau les entreprises, les établissements publics de régulation ainsi que les structures de recherche, de formation et d’expertise.
  • Grâce aux synergies qui seront ainsi créées, ces nouveaux espaces auront pour effet d’engendrer un véritable microclimat d’affaires et d’intensifier l’investissement.

Les politiques de développement industriel couvrent quatre grands domaines : mise à niveau des entreprises, innovation, développement des ressources humaines et promotion de l’investissement direct étranger :

  • La mise à niveau des entreprises fait l’objet d’un programme de modernisation des entreprises, dont les objectifs et les modalités de gestion s’inscrivent dans le cadre de la stratégie d’industrialisation.
  • L’innovation et la production des idées sont aujourd’hui le moteur du développement. Un système d’innovation endogène doit nourrir le développement du secteur industriel algérien. Or ce processus, qui ne pourra pas être assuré par la seule dynamique du marché, nécessite l’intervention des pouvoirs publics. Un système national d’innovation (SNI) sera élaboré et mis en place pour soutenir une politique de promotion et de développement du progrès technique.
  • Le développement des ressources humaines et des qualifications est une des orientations fortes de la stratégie industrielle. Celle-ci considère que le capital humain est non seulement un facteur de production au même titre que le capital physique mais qu’il est également un puissant facteur favorisant l’absorption des technologies et la modernisation industrielle.
  • La promotion de l’investissement direct étranger (IDE) obéit à une politique visant à mobiliser les apports extérieurs tout les orientant vers le financement des activités à haute intensité capitalistique et la diffusion des nouvelles technologies. Grâce aux multiples économies externes qu’ils génèrent (technologie, organisation, pratiques managériales, élargissement des débouchés vers les marchés internationaux), les IDE jouent un rôle complémentaire et d’entraînement par rapport à l’investissement national.

Une politique active de l’État est nécessaire pour faciliter l’ancrage des IDE dans le tissu industriel et la diffusion de leurs effets externes au profit des entreprises nationales.